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    Guide pratique

    Carnet de suivi des apprentissages en maternelle

    9 mars 202610 min de lecturePar Corentin, créateur de Tifox
    Carnet de suivi des apprentissages en maternelle

    Le carnet de suivi des apprentissages est le document obligatoire qui suit chaque élève de maternelle pendant les trois années du cycle 1. Il rassemble des traces datées de ses réussites, sans note et sans case cochée. Le décret n° 2015-1929 du 31 décembre 2015 l'impose à toutes les écoles, mais ne fixe aucun format : c'est l'équipe qui décide de la forme.

    Reste la vraie question, celle que le décret ne tranche pas : que met-on dedans ? Combien de traces par période, à quelle fréquence le montrer aux parents, et surtout qu'est-ce qui n'a rien à y faire ? Voici un guide pratique, aligné sur les textes officiels et sur les ressources d'eduscol.

    Ce que disent les textes

    Le carnet de suivi des apprentissages est inscrit dans le Code de l'éducation via le décret n°2015-1929 du 31 décembre 2015 relatif à l'évaluation des acquis scolaires et au livret scolaire. Le texte précise qu'à l'école maternelle, ce carnet « permet de rendre compte des progrès de l'élève » et qu'il est « régulièrement renseigné par le professeur de la classe, selon une fréquence adaptée à l'âge de l'élève ». Il suit l'enfant tout au long du cycle 1 et le suit aussi en cas de changement d'école.

    À la fin de la grande section, un second document prend le relais : la synthèse des acquis scolaires, qui suit un modèle national imposé et part au CP. C'est un autre exercice, traité à part dans le guide pour remplir la synthèse des acquis de fin de GS. Ce guide-ci se concentre sur le carnet de suivi.

    Sur ce point, eduscol rappelle le principe de base : l'évaluation au cycle 1 est positive, elle documente ce que l'enfant sait faire et ses progrès, elle ne dresse pas l'inventaire de ses manques.

    Ce que le carnet doit contenir

    Aucun format n'est imposé par les textes. Le ministère laisse volontairement la main aux équipes. En revanche, plusieurs éléments reviennent de manière constante dans les ressources eduscol et dans les documents d'accompagnement des circonscriptions.

    • Des traces significatives des apprentissages : photos d'un enfant en activité, productions (dessin, écriture, construction), enregistrements audio ou vidéo. Eduscol parle explicitement de « traces significatives » qui permettent de célébrer les réussites et de montrer les progrès.
    • Des observations datées : un court commentaire qui remet la trace en contexte. Exemple : « 12 mars. Reconnaît son prénom parmi ceux de ses camarades sans modèle, en écriture capitale. »
    • Un lien clair avec le programme en vigueur : chaque trace devrait être rattachée à un des six domaines d'apprentissage et, quand c'est pertinent, à un attendu de fin de cycle.
    • Une lecture chronologique : le carnet doit montrer une évolution sur la durée. On doit pouvoir voir, en le feuilletant, ce qui a changé entre la petite section et la grande section.

    Les six domaines du programme à couvrir

    Depuis la rentrée 2026, le programme compte six domaines (arrêté du 16 avril 2026, BO n°19 du 7 mai 2026). Le carnet doit les couvrir au fil du cycle :

    1. 1Le développement et la structuration du langage oral et écrit
    2. 2Agir, s'exprimer, comprendre à travers les activités physiques
    3. 3Agir, s'exprimer, comprendre à travers les activités artistiques
    4. 4L'acquisition des premiers outils mathématiques
    5. 5Se repérer dans le temps et l'espace
    6. 6Découvrir le monde du vivant, de la matière et des objets

    Les deux derniers viennent de la scission de l'ancien domaine « Explorer le monde ». Les appellations d'avant 2024 (« Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions », « Construire les premiers outils pour structurer sa pensée ») circulent encore dans des ressources eduscol plus anciennes et dans le modèle officiel de la synthèse des acquis. Autant utiliser les intitulés à jour, c'est le détail que repère une inspection. Le détail domaine par domaine est dans les six domaines d'apprentissage en maternelle.

    Ce que le carnet ne doit pas être

    Les documents d'accompagnement d'eduscol et les ressources publiées par les missions maternelles académiques sont plutôt alignés sur ce qu'il faut éviter.

    • Un tableau d'items cochés « acquis / en cours / non acquis » : ce n'est pas interdit, mais ce format à lui seul ne répond pas à l'esprit de l'évaluation positive. Il documente un état ponctuel, pas une trajectoire.
    • Des fiches d'évaluation standardisées : exercices chronométrés, tests formels. Le programme est explicite : l'évaluation en maternelle se fait par observation en situation ordinaire, pas par épreuves.
    • Des grilles de gommettes sur vignettes pré-remplies : c'est rapide, c'est visuel, mais ça ne dit rien du cheminement de l'enfant. Une gommette verte sur « je sais compter jusqu'à 5 » ne raconte pas comment il y est arrivé.
    • Des notes ou un classement : il n'y a pas de notes en maternelle, quelle que soit leur forme (chiffrée, lettrée, smileys étalonnés).
    • Des commentaires sur les manques : le carnet met en valeur les réussites. Ce qui n'est pas encore là se travaille, ça n'a rien à faire dans un document destiné à l'enfant et à ses parents.

    Attention à ne pas confondre le carnet de suivi, qui couvre les trois années du cycle 1 et dont la forme est libre, avec la synthèse des acquis, remplie une seule fois en fin de grande section sur un formulaire national. Leurs rubriques n'ont rien à voir : le détail est dans le guide pour remplir la synthèse des acquis de fin de GS.

    Les bonnes pratiques pour un suivi soutenable

    Remplir le carnet ne doit pas transformer les week-ends en séances de saisie. Quelques habitudes aident à garder le truc vivant sans y laisser sa santé.

    1. 1Observer au fil de l'eau : le téléphone ou la tablette en poche, prendre la photo au moment où la réussite a lieu. Attendre le soir pour tout reconstituer de mémoire, c'est la galère assurée.
    2. 2Choisir la qualité plutôt que la quantité : mieux vaut quelques traces parlantes, datées et commentées, qu'une pile de gommettes. Le nombre exact dépend de la classe et du rythme de l'année, rien n'est fixé par les textes.
    3. 3Varier les domaines sur l'année : les six domaines n'ont pas à apparaître à chaque période, mais un bon carnet les couvre tous sur l'ensemble du cycle.
    4. 4Associer l'enfant au choix de la trace : « Tu veux qu'on mette cette photo dans ton cahier ? » Eduscol insiste sur ce point, l'élève est associé à son évaluation et prend ainsi conscience de ce qu'il apprend.
    5. 5S'appuyer sur l'ATSEM : en accueil, aux toilettes, en atelier autonome, elle voit des choses que l'enseignant rate. Ses remarques n'ont pas à être formalisées, elles peuvent juste déclencher une observation ciblée.

    Des exemples d'observations concrètes

    Une observation utile est datée, factuelle, et située dans le programme. Quelques formulations qui fonctionnent bien :

    • Langage oral, GS : « 14 octobre. En regroupement, explique à la classe comment il a fabriqué sa cabane en cubes, en utilisant d'abord, puis, ensuite. »
    • Mathématiques, MS : « 7 février. Constitue une collection de six jetons en comptant un à un, sans se tromper. Photo du résultat. »
    • Activité physique, PS : « 3 décembre. Saute à pieds joints par-dessus une corde posée au sol, sans aide. Vidéo courte jointe. »
    • Graphisme, GS : « 22 mars. Première ligne de e en cursive respectant la ligne de base, sans modèle sous les yeux. Production scannée. »

    Dans chaque cas, la trace (photo, vidéo, scan) valide l'observation et rend le commentaire vérifiable pour les parents.

    La transmission aux parents

    Le décret n°2015-1929 demande une communication « régulière », adaptée à l'âge de l'enfant, sans fixer de fréquence minimum en nombre. En pratique, la plupart des équipes calent les transmissions sur les fins de période, ou à chaque bulletin scolaire pour les écoles qui en éditent. Le format est libre : rendez-vous individuel, cahier qui fait l'aller-retour à la maison, PDF par email, espace numérique consultable en ligne.

    Un point compte plus que la fréquence : le carnet doit être compréhensible par un parent sans dictionnaire de l'Éducation nationale. Écrire « attendu du sous-domaine manipulation de syllabes orales » n'aide personne. Écrire « sait découper un mot en syllabes en tapant dans ses mains » parle à tout le monde.

    Un outil pensé pour le carnet de suivi

    En fin de grande section, ce carnet nourrit la synthèse des acquis, dont le modèle est national.

    J'ai conçu Tifox en échangeant avec des enseignantes de maternelle, et le carnet de suivi revenait comme la tâche la plus chronophage. L'app intègre les domaines et attendus du programme 2026, permet d'ajouter photo et commentaire en quelques secondes depuis le téléphone, et génère automatiquement un cahier de réussite prêt à imprimer pour l'enfant. Les trois premiers élèves sont gratuits, de quoi tester sans s'engager.

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