Les 5 domaines d'apprentissage en maternelle

Le programme de l'école maternelle s'organise autour de cinq domaines d'apprentissage. Le socle reste celui du BO n°25 du 24 juin 2021, actualisé par l'arrêté du 22 octobre 2024 (publié au BO n°41 du 31 octobre 2024), applicable depuis la rentrée 2025. Deux domaines ont été réécrits : le langage et les mathématiques. Les trois autres restent sur la version 2021.
Je ne suis pas enseignant. J'ai construit Tifox en lisant les textes officiels et en échangeant avec des enseignantes de maternelle, donc cet article résume ce que dit le programme et pointe vers les sources. Pour la pédagogie concrète, rien ne remplace l'expertise du terrain.
1. Le développement et la structuration du langage oral et écrit
C'est le domaine le plus transversal du cycle 1, et celui qui a été le plus retouché en 2024. L'intitulé officiel n'est plus "Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions" : c'est désormais "Le développement et la structuration du langage oral et écrit". Il se découpe en trois grands axes : acquérir le langage oral, passer de l'oral à l'écrit : se préparer à apprendre à lire, et passer de l'oral à l'écrit : se préparer à apprendre à écrire.
Acquérir le langage oral
Quatre entrées : enrichir son vocabulaire, développer sa syntaxe, articuler distinctement, produire des discours variés. Les attendus vont du très concret (en PS, "dire ce qu'on fait", "entrer en communication verbale avec un adulte ou un autre élève") au plus exigeant (en GS, "se faire comprendre, par le truchement du langage, d'un adulte qui ne connait rien à la situation évoquée" ou "émettre une hypothèse").
Sur le vocabulaire, le programme 2025 fixe un cadre précis : 2 corpus de mots par période en PS et MS, 3 corpus par période en GS, à mémoriser et réemployer. Sur l'articulation, les couples de consonnes ciblés sont listés niveau par niveau (t/k, f/s, m/n en PS ; f/v, s/z, p/b, t/d, k/g en MS ; ch/s, ch/j, ch/z et les doubles consonnes br/cr/bl/pl/sl en GS).
Se préparer à apprendre à lire
Quatre sous-axes : écouter, identifier, discriminer et reproduire des sons ; manipuler des syllabes orales puis des phonèmes ; connaitre le nom des lettres ; connaitre le son des lettres. C'est là que le virage 2025 se voit le plus : la manipulation des phonèmes (fusion, suppression, permutation, substitution) descend en GS, et la conscience du "son des lettres" devient un attendu explicite dès la MS.
Deux autres entrées complètent le volet lecture : découvrir les supports de l'écrit (des étiquettes prénoms en PS jusqu'à la typologie des écrits en GS) et comprendre des textes lus par le professeur. En GS, l'élève est attendu sur la compréhension des émotions et intentions des personnages, et sur le lien entre la lecture et sa propre expérience.
Se préparer à apprendre à écrire
Trois entrées : apprendre le geste d'écriture, passer de l'oral à l'écrit, produire des écrits. La progression est nette : en PS on mime la posture d'écriture, en MS on trace les capitales et on s'initie à la cursive, en GS on enchaîne les lettres cursives avec ligatures et on mémorise la graphie de mots transparents pour les réinvestir. En fin de GS, l'élève est attendu sur la compréhension qu'il existe une norme pour écrire (ponctuation, majuscules, mise en page).
Les livrets d'accompagnement eduscol déclinent trois priorités : articuler distinctement, préparer le geste d'écriture, enrichir le vocabulaire.
— Ressources d'accompagnement, eduscol, avril 2025
2. Agir, s'exprimer, comprendre à travers l'activité physique
Pas de réécriture 2024 pour ce domaine, qui reste sur la version 2021. Quatre sous-domaines structurent les attendus de fin de GS : agir dans l'espace, dans la durée et sur les objets ; adapter ses équilibres et ses déplacements ; communiquer avec les autres au travers d'actions ; collaborer, coopérer, s'opposer.
En GS, l'élève doit pouvoir courir, sauter, lancer de différentes façons dans des espaces variés, ajuster ses actions en fonction d'obstacles ou de trajectoires, se déplacer avec aisance dans des environnements naturels ou aménagés, construire une séquence d'actions en relation avec des partenaires (avec ou sans support musical), et coopérer ou s'opposer pour viser un but commun.
Les 30 minutes d'activité physique quotidienne (APQ), généralisées depuis la rentrée 2022, s'inscrivent dans ce domaine, sans s'y réduire : la récréation et les transports actifs ne comptent pas dans l'APQ, alors qu'ils peuvent compter dans le temps d'EPS.
3. Agir, s'exprimer, comprendre à travers les activités artistiques
Domaine également inchangé depuis 2021. Il se divise en quatre entrées : les productions plastiques et visuelles, univers sonores : jouer avec sa voix, univers sonores : explorer des instruments, et le spectacle vivant.
Côté arts visuels, les attendus de fin de GS couvrent le choix d'outils et de médiums adaptés à un projet, la pratique du dessin pour représenter ou inventer, la création de graphismes nouveaux et la réalisation de compositions plastiques en combinant matériaux et techniques. Côté sonore, on attend un répertoire mémorisé de comptines et chansons interprétées de manière expressive, le jeu avec la voix pour explorer timbres, intensités et hauteurs, et la reproduction de formules rythmiques simples. Pour le spectacle vivant, l'élève doit pouvoir décrire une image ou un extrait musical avec un vocabulaire adapté et proposer des solutions corporelles ou sonores dans des situations de création.
4. Acquisition des premiers outils mathématiques
L'autre grande réécriture de 2024. Exit "Construire les premiers outils pour structurer sa pensée" : le nouveau nom est "Acquisition des premiers outils mathématiques". Cinq sous-domaines structurent le programme.
Découvrir les nombres
Deux axes : exprimer une quantité par un nombre et exprimer un rang ou une position par un nombre. La progression des cardinaux est très cadrée : dénombrer jusqu'à 3 voire 4 en PS, jusqu'à 6 en MS, jusqu'à 10 voire au-delà en GS. La comptine numérique suit le même rythme : un à six en PS, un à douze en MS, jusqu'à trente en GS. L'écriture chiffrée est attendue de 1 à 6 en MS, de 1 à 10 en GS, avec surcomptage (compter de un en un à partir d'un nombre donné).
Le rang et la position apparaissent dès la MS (notion de rang, effet d'un déplacement) et s'approfondissent en GS avec la construction de la bande numérique jusqu'à dix et la compréhension du lien entre un ajout et un avancement, un retrait et un recul.
Utiliser les nombres pour résoudre des problèmes
Le programme distingue plusieurs types de problèmes : parties-tout (chercher le tout ou une partie), groupements, partage équitable, et problèmes de déplacement sur piste (type jeu de l'oie). En GS, l'élève doit pouvoir déterminer la quantité ajoutée ou retirée à partir des quantités initiale et finale, ou déterminer le cardinal d'une collection à partir de celui d'une autre et de l'écart entre les deux. C'est ici que se joue le virage vers une verbalisation plus explicite du raisonnement mathématique.
Explorer les solides et les formes planes
Progression : en PS, reconnaitre, trier et classer des objets selon leur forme, percevoir l'invariance de la forme par déplacement, reproduire des assemblages. En MS, reconnaitre et classer cube, boule, pyramide à base carrée, cylindre, triangle, carré, disque, reproduire un assemblage de cinq formes maximum. En GS, l'élève décrit pavé, pyramides à base carrée ou triangulaire, cône, nomme carré, rectangle, triangle, disque, reproduit des assemblages de solides (max 5) ou de formes planes (max 8), et s'approprie la règle comme outil de tracé.
Explorer des grandeurs et se familiariser avec les motifs organisés
Les grandeurs portent sur la longueur (PS à GS) et la masse (à partir de la MS). En GS, on attend la comparaison indirecte de longueurs, l'ordonnancement de cinq objets rectilignes et la reconnaissance de l'égalité de deux masses. Les motifs organisés (suites, algorithmes) vont du motif répétitif très simple en PS au motif évolutif décrit formellement en GS (par exemple ABAABBAAABBB), avec création libre de motifs en fin de cycle.
Le programme 2025 insiste sur la verbalisation : composer et décomposer des nombres en manipulant, dire ce qu'on fait, fixer l'idée que l'ordre ne compte pas dans une composition. Les compositions / décompositions remplacent le comptage un à un dès que possible.
— Programme d'enseignement mathématiques cycle 1, BO n°41 du 31 octobre 2024
5. Explorer le monde
Dernier domaine, inchangé par l'arrêté 2024. Deux sous-domaines : se repérer dans le temps et l'espace et explorer le monde du vivant, des objets et de la matière.
Temps et espace : situer des événements dans la journée, la semaine, le mois ou une saison, ordonner une suite d'images en marquant succession et simultanéité, utiliser des marqueurs temporels (puis, pendant, avant, après), situer des objets par rapport à soi ou à des repères, réaliser un trajet à partir de sa représentation (dessin ou codage), utiliser des marqueurs spatiaux (devant, derrière, droite, gauche, dessus, dessous).
Vivant, objets et matière : reconnaitre les étapes du développement d'un animal ou d'un végétal, connaitre leurs besoins essentiels, situer les parties du corps humain, mettre en œuvre des règles d'hygiène, choisir et utiliser des outils adaptés (plier, couper, coller, assembler), réaliser des constructions ou maquettes, utiliser des objets numériques (appareil photo, tablette, ordinateur) et adopter une attitude responsable face aux risques de l'environnement proche et à la protection du vivant.
Comment suivre les compétences sur les cinq domaines
L'évaluation en maternelle repose sur l'observation en situation, pas sur des épreuves formelles. Les enseignants consignent les traces (photos, productions, enregistrements) dans le carnet de suivi des apprentissages, renseigné tout au long du cycle 1. À la fin de la GS, une synthèse des acquis suit le modèle national fixé par l'arrêté du 31 décembre 2015 : "Ce que sait faire l'élève" et "Ce qu'il est en voie d'acquérir".
Avec cinq domaines, des dizaines de sous-domaines et plus d'une centaine d'attendus, garder une vue d'ensemble sur trente élèves à la main, ça tient du sport. C'est précisément le problème que Tifox essaie de régler : les attendus officiels (ceux listés dans cet article) sont intégrés dans l'app, on observe, on prend une photo, on la relie à une compétence, et le cahier de réussite de l'élève se construit au fil de l'année.
La version gratuite tourne avec 3 élèves, toutes fonctionnalités incluses, si jamais tu veux jeter un œil.
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